Pourquoi suis-je sur terre ?


Je me suis retrouvé à l'hôpital,

pour une opération des plus banales.

En dehors des visites, c'était bien long ;

j'ai pu passer du temps en réflexion.

 

En voyant les malades autour de moi,

souvent depuis longtemps ils étaient là,

je me suis dit qu'un jour, pour moi aussi,

à l'hôpital j'aurais mon dernier lit...

 

La vie sur cette terre n'est pas sans fin ;

elle n'est pas toujours belle, pourtant j'y tiens,

peut-être parce que je ne suis pas sûr

comment dans l'autre monde est le futur.

 

En y réfléchissant avec sérieux,

la première réponse qu'avoir je veux,

est qu'on me dise pourquoi sur cette terre

on doit rester coincé une vie entière.

 

En effet, l'existence dans l'au-delà,

c'est sûr et garanti, ce sera la joie ;

en y voyant le jour directement,

ça nous éviterait bien des tourments !

 

D'autres êtres ont reçu cette faveur :

les anges furent placés dans le bonheur

dès qu'ils furent créés au paradis,

mais cette tentative a mal fini.

 

Dieu avait souhaité se fabriquer

des millions de copains pour les aimer :

des êtres qu'il a mis auprès de Lui,

espérant qu'ils seraient aussi gentils.

 

Un groupe de ces esprits fit bande à part,

se rebiffa et dit à Dieu sans fard :

"ton amour on n'en a rien à cirer,

et on n'a pas du tout envie d'aimer".

 

Ainsi naquirent le diable et ses démons :

ceux qui rejettent d'amour toute notion.

Ils subissent, depuis, des jours sans fin,

dévorés par le feu de leur venin.

 

Après cette expérience et ses leçons,

Dieu résolut de prendre des précautions :

il n'accepterait plus à ses côtés

que ceux aptes à aimer et être aimés.

 

Il choisit un endroit de l'Univers

pour ses futurs amis: ce fut la Terre,

où il nous est donné un certain temps

pour apprendre ce qui est important :

 

Nous sommes sur terre pour apprendre à aimer,

nous sommes sur terre pour nous laisser aimer.

 

Envers toutes et tous, soyons aimants :

filles et garçons, adultes, vieux et enfants,

et aussi nos amis les animaux,

car "le loup mangera avec l'agneau".

 

De l'affection ne veut pas dire "coucher" ;

l'élan du coeur n'est pas intéressé :

il faut savoir aimer, tout simplement,

sans y mêler le corps, nécessairement.

 

A la fin de la vie sur cette terre,

ce sera l'examen sur UNE matière :

sommes-nous arrivés à tous aimer,

ou nos efforts faut-il continuer ?

 

Le bonheur est pour nous, si nous sommes prêts ;

le meilleur sort sera nôtre à jamais ;

ou il nous faudra un certain délai

si nous ne sommes pas encore parfaits.

 

Si une vie d'amour, avons raté,

rejetant tout principe d'humanité,

nous irons retrouver dans leur prison

ceux qui excluent d'amour toute notion.

 

Comme ceux pour qui la vie, c'était l'argent,

voler ou agresser à tout moment,

droguer et racketter les jeunes enfants,

ou trancher la gorge des innocents !

 

Nous sommes sur terre pour apprendre à aimer,

nous sommes sur terre pour nous laisser aimer.

 

Comme les gens s'en sortaient piteusement,

un Homme fut envoyé, voici longtemps,

pour leur dire et montrer le dur chemin

d'une vie réussie pour son prochain.

 

Il nous a laissé toutes ses idées,

un exemple de vie, des rites sacrés,

où nous pouvons puiser de quoi tenir,

pour s'ouvrir aux autres sans trop faiblir.

 

Les inégalités et la souffrance,

en ce cas peuvent prendre enfin un sens :

pour les uns occasion de se donner,

pour les autres de se laisser aimer.

 

Pour mieux aider les gens, au quotidien,

il faut avoir appris comme lycéen

tout le savoir qui peut aider un jour

à leur manifester un peu d'amour.

 

Nous ne pouvons pas tous être martyr,

ou vivre comme un saint sans défaillir,

ni être un chêne au bord du fleuve si beau :

juste un petit buisson près d'un ruisseau.

 

Mais qu'aucun ruisseau n'aie auprès de lui

plus merveilleux buisson ni plus joli,

attirant et riant par son éclat,

qu'on ne pourrait trouver que bien sympa.

 

Nous sommes sur terre pour apprendre à aimer,

nous sommes sur terre pour nous laisser aimer...

exit ...