Tout près de toi ...


Je ne sais pas à quoi c'est dû,

mais je sens comme un grand néant ;

en moi le vide s'est accru :

je crois que tu me manques vraiment.

 

Il y a une éternité,

dix minutes si je compte bien,

que de toi je suis séparé,

avant de te revoir demain.

 

Pourtant ça me semble très loin,

quand j'imagine cette soirée,

sans que de moi tu aies besoin

ni que j'aie droit à ta pensée.

 

Tu vas rentrer pour étudier,

puis manger avec ta famille ;

au soir, regarder la télé,

sans que de moi tu te soucies.

 

C'est vrai, je ne compte qu'assez peu :

je ne suis pas très intelligent,

je ne suis pas beau comme un jeune dieu,

j'avoue être souvent collant.

 

Peut-être y a-t-il un moyen

d'être auprès de toi que j'admire,

de vivre à tes côtés sans fin,

sans que tu y trouves à redire.

 

J'aimerais être tes souliers,

même si c'est pour moi trop d'honneur ;

je te protégerais les pieds,

les étreindrais avec bonheur.

 

Sans cesse tu t'appuierais sur moi,

ne sentirais pas les cailloux ;

moi, j'amortirais chaque pas,

restant pour toi toujours très doux.

 

Tu ne te passerais pas de moi,

et je serais tout près de toi, de toi, de toi ....

 

Que ne suis-je ton estomac,

recevant ce que tu me donnes ;

je l'assimilerais pour toi,

sans même que tu ne le soupçonnes.

 

Tu ne serais jamais malade,

tu mangerais comme tu souhaites,

tout te serait comme une panade,

même si je ne suis pas à la fête.

 

Tu ne saurais pas que je suis là,

mais je ferais partie de toi, de toi, de toi ...

 

Je voudrais bien être ton coeur,

battant le rythme de ta vie ;

pour le pire et pour le meilleur,

nos existences seraient unies.

 

Je travaillerais sans relâche,

fignolant chaque battement,

ne faiblissant pas à la tâche :

tu vivrais éternellement.

 

Tu ne pourrais vivre sans moi,

et je ferais partie de toi, de toi, de toi ...

 

Je voudrais bien mourir pour toi,

tout doucement, seul dans mon coin,

sans faire de bruit et sans émoi,

pour que tu ne remarques rien.

 

Quand je serais dans l'autre vie,

j'enverrais ton ange gardien

voyager dans les galaxies,

et son rôle deviendrait le mien.

 

Je protégerais les amis

qui ont trouvé place dans ton coeur,

et plongerais tes ennemis

dans le remords et le malheur.

 

Tu ne te souviendrais plus ... de moi ;

mais je serais tout près de toi, de toi, de toi ...

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